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Référents FPH : Matthieu Calame

Pilote :

Montant : 100 000 Euros

Partenaires :

Inf'OGM

L’association Inf’OGM a pour objectif de :

a) synthétiser, vérifier, clarifier, contextualiser, traduire en  français et diffuser toute l’actualité pertinente liée aux PGM, et ce  dans un esprit de "service au public" ;
b) apporter les éléments fondateurs d’un véritable dialogue social,  en insistant notamment sur la dimension du choix technologique qui  s’offre aux citoyens ;
c) inciter les pouvoirs publics à une véritable transparence de  l’information.

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Fiche Action - Archive 2006-2007

(2006-2007) Réintroduire les choix scientifiques et techniques dans le champ de la démocratie

Résumé

L'innovation technique procède de tout une série de choix et de décisions qui, pour la plupart, échappent au débat public. Compte-tenu de l'importance de ce secteur d'activité dans la configuration des sociétés humaines, la fondation se fixe comme objectif de soutenir les modèles de conférences de citoyens comme modalité de démocratisation des choix techniques et scientifiques.

Synthèse

Synthèse de l'action

L'innovation technique procède de tout une série de choix et de décisions qui, pour la plupart, échappent au débat public. Compte-tenu de l'importance de ce secteur d'activité dans la configuration des sociétés humaines, la fondation se fixe comme objectif de soutenir les modèles de conférences de citoyens comme modalité de démocratisation des choix techniques et scientifiques.



Inscription de l'action dans la stratégie d'ensemble de la FPH

"On n'arrête pas le progrès ! " Voici l'étonnant paradoxe de la dialectique entre progrès socio-politique et progrès technique. Alors que le premier, sous l'étendard de la démocratie, semble tendre à l'autonomie de l'individu et à sa participation accrue à la définition de son propre destin, le progrès technique apparaît au contraire comme le nouveau destin de l'homme moderne. Cette contradiction s'exprime d'autant plus fortement au sein des sociétés européennes, qui furent à l'origine du puissant essor technique qui façonne le monde depuis la Renaissance et des aspirations démocratiques. La revendication est claire: puisque la technique est en mesure de bousculer notre avenir et que la démocratie a pour objectif de nous associer à la définition de notre avenir individuel et collectif: faisons entrer les choix technoscientifiques en démocratie !

Ceci soulève d'importantes questions éthiques (la liberté de chercher est-elle supérieure aux autres libertés ? un chercheur est-il responsable du devenir de ses travaux ? ) des questions de gouvernance (comment démocratiser des choix en situation d'incertitude ? quelle part accorder au progrès technique dans la résolution des défis auxquels l'humanité est confrontée ? ) des questions de développement durable (comment évaluer a posteriori les techniques au regard de la préservation des équilibres planétaires ? )



Historique de l'action

C'est dans les années 80 et par le soutien à un groupe de réflexion, le "Groupe de Vézelay" qui avait notamment soulevé la question des risques technologiques majeurs, que la fondation a été amenée à aborder le thème de la démocratisation des choix techno-scientifiques. Dans les années 90 cette question s'est particulièrement posée à propos des NTIC (Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communication) puis à l'occasion de la controverse sur les Organismes Génétiquement Modifiés apparue en Europe et qui s'est étendue depuis. Dans le premier cas l'action principale de la fondation fut de soutenir la naissance et le développement de VECAM, qui nous a conduit, de fil en aiguille aux négociations menées au Sommet Mondial de la Société de l'Information (voir sous-dominante TG4). Dans le second, de soutenir l'émergence d'un pôle d'information alternatif francophone, Inf'OGM, en considérant que l'urgence dans le débat public était de contribuer à définir les termes du débat. Cette collaboration a également donné lieu à un livre. Dans le deux dernières années, le refus des pouvoirs publics d'instruire ce débat au niveau français a conduit la fondation à inciter Inf'OGM à s'européaniser.

Présentation

La question de la démocratisation des choix scientifiques et techniques a conduit à une innovation majeure particulièrement développée au Danemark, les conférences de citoyens - parfois appelées jury ou panel citoyens. Ce type de procédure bénéficie d'une reconnaissance croissante de la part des pouvoirs publics dans la plupart des pays européens.

Au niveau de la commission européenne, cette idée a également progressé comme l'atteste la position de la vice-présidente Margot Walström (voir à ce sujet notre engagement dans le panel européen sur l'avenir des espaces ruraux- sous-dominante O1).

Il s'agit donc désormais de soutenir et promouvoir l'émergence de procédures de ce type au niveau de l'Union européenne (soit au niveau régional, national, ou européen) et éventuellement au niveau d'autres régions du monde. En Europe, la question est d'autant plus aigüe que, pour des raisons de perte de compétitivité dans le domaine industriel, l'innovation technique, notamment dans les biotechnologies, à tout prix apparaît à beaucoup de gouvernants comme la seule alternative pour permettre à l'Europe de tirer son épingle du jeu dans le cadre de la globalisation économique. C'est la vision incarnée dans la "Stratégie de Lisbonne".